Carnet de voyage

Après une pause,
longue, estivale,
qui s’étire :
âpre la pose,
le modèle se tire

je m’éprends
me méprends
me reprends
à penser

qu’il est temps
oui
grand temps d’actualiser
mes pages, mes images
et de citer l’adage
avant de s’enliser

heureux qui comme Ulysse
a fait un beau voyage

voici donc quelques instantanés

nés des paysages rencontrés, racontés

Cuisine d’été sur l’Ile verte, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, Québec

Madly Puce à la plage, les doigts de pied en éventail et les ongles à la New Yorkaise

Éric Cyr et ses potes, concert à Tadoussac, Québec

Le ciel sous mes pieds au petit matin, en route vers l’Est

“Air breakfast”, ou petit déjeuner aérien, quelque part entre Montreal-Trudeau et Bruxelles-Zaventem

L’auditorium-bunker du Parc de la pépinière, Nancy, France

Les dites caryatides et les jolis Atlantes du vieux centre de Prague

NOVO DOBA

J’ai composé une page (accollée ci-dessous, au bout de ce texte) pour le “Festival de bédé non-alignée” NOVO DOBA qui a eu lieu pour la seconde fois à Belgrade et Pančevo en Serbie du 8 au 12 juin derniers, rassemblant un pot-au-feu impressionant de gens talentueux et drôles, qu’ils soient dessinateurs, musiciennes, photographes, Lebenskünstlerinnen, bons vivants ou encore tout cela à la fois. Johanna Marcadé, qui a fait de mon séjour belgradois un superprintemps bédéphile, est à l’origine de cette mayonnaise qui tient la route (veuillez excuser les métaphores culinaires ; j’ai faim).

     
Affiches de l’édition 2011 du festival par Dunja Janković et Nina Bunjevac, ainsi qu’une page extraite d’une bande-dessinée de Nina Bunjevac et la couverture du catalogue du festival illustrée par Krekhaus et baignée d’une lueur annonçant —qui sait ?- la nouvelle ère (de gauche à droite)
 

>Novo doba<, c’est la Nouvelle ère
anxieux à l’aube nous les croquants
nous attendons, extatiques
la nouvelle daube
celle qui a commencé
on ne sait trop quand
ou peut-être
celle dont on attend éternellement
le commencement, une prouesse
la New Wave déjà complètement has-been
ou encore la promesse
de lendemains apocalyptiques —système D et vieilles combines.

Les monuments qui ont inspiré ma bédé —dédiés aux soldats, partisan-e-s, citoyen-ne-s … yougoslaves tombé-e-s pendant la seconde guerre mondiale- sont des œuvres architecturales pour le moins frappantes que l’on retrouve dans les plis et recoins les plus inattendus du territoire ex-yougoslave. Ils sont autant de points de repère (“landmarks“), réminiscences de l’esthétique d’une ère, si ce n’est nouvelle, du moins fantasmée telle, au sein de paysages bucoliques, touffus, et apparemment loin de toute vie humaine. Il y en a des dizaines, d’aucuns s’amusent à les collectionner (ainsi Marko Krojač, le photographe, part en éclaireur à leur recherche et en tire le portrait).

J’ai consigné dans cette page à peine quelques “monumentales associations” d’idées qui me viennent à l’esprit quand je vois ces blocs de béton armé aux allures futuristes. Une recherche que je continue hors-ligne et hors les murs ; à suivre, donc.